“Vous êtes beaux.”

Paris, quelque part en décembre.

« K., do you want a chicken ? » Tout a commencé par cette phrase, que je n’avais jamais entendue, que j’ai trouvée charmante, absurde, aussi, un peu, lancée dans le métro.

Et puis à l’air libre dans un de ces quartiers-mondes qui font peur ou rêver, un peu des deux, sans doute. « Boucherie musulmane », lit-on sur la façade. À côté le traiteur asiatique, en face le kebab turc, pas loin le restaurant caribéen. Les langues se mêlent s’emmêlent je saisis des mots que j’ai appris, un jour, oubliés, qui étranges sont devenus familiers je souris. Je ne comprends pas pourquoi ils rient. Nous regardons les poulets. Dorés. Nous demandons pourquoi les uns sont plus petits que les autres, s’ils ont avalé des pilules il dit « Le bio n’existe pas, là-bas ». Et évidemment parce que pour quoi faire ? Ils  plaisantent avec le boucher. Il va pour récupérer, payer, il s’avance, s’éloigne, nous attendons. L’enfant nous regarde. Je dis l’enfant mais il est grand, déjà, ce pourrait être un petit frère, il n’a pas encore de barbe mais un tablier, il s’affaire, il apprend. Nous regarde. Je dis l’enfant pour les yeux. Les yeux-matin les yeux-question les yeux ouverts – encore. Qui nous regardent.

« Vous êtes beaux. »

Il dit.

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