L’été, encore

Elle écrit pour rattraper les années de –

On devine

Qu’elle voudrait dire toujours

Répéter

Tempêter

Jusqu’à qu’ils comprennent 

Mais –

C’est l’été, encore

La nuit n’en finit pas

Ni sa révolte

Nous rions

Par centaines

Invisibles orphelins

Ils t’adorent

Tu cherches entre les doigts

Qui tremblent comme des branches

Leurs visages

Tu veux savoir

Est-ce que tu as mal ?

Est-ce que tu souris sans ombre, parfois ?

Est-ce que tu respires depuis qu’il est parti

Abandonnant seulement une paire d’yeux usés

Sur la table basse du salon

Elle grimace

Parle plus fort tente avec ses histoires ses cils trempés d’encre

De couvrir leurs voix

Fausses tordues

Qui parlent sans savoir 

Qui prennent toute la place 

Le temps

Qui l’emprisonnent

Elle n’oublie rien griffonne 

Dans la chambre froide

Elle attend 

Que le secret enfle

Dans l’interstice entre son cou et

Le foulard de soie

Elle serre les poings les dents les cuisses

Que personne ne rentre 

Ne bouge

Elle – existe

Regarde 

Sa vie comme une enfant l’amour par le trou de la serrure 

L’estomac noué 

Les lèvres sèches

La page blanche 

Douce 

Muette

Qu’elle déchire 

Elle reformule

Elle dit ce qu’on a voulu dire 

Elle dit de mieux écouter 

Elle dit qu’elle sait 

Qu’elle sent 

Qu’elle part 

Ne se taira plus jamais

Et nous doux imbéciles aux mains qui battent 

Aux bouches qui éclatent 

Ton ombre qui s’échappe 

Ton nom

Sous le masque 

Je sais

L’été le ciel rose 

Qui fane le ruisseau qui court

Au bord des paupières 

Attendre encore 

Que la tempête tombe

Ou qu’elle m’emporte

– enfin.

Je tremblais, je crois.

Merci, Annie.

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