J’emporte sur mes épaules le reste de vos larmes

Il faut parfois s’en aller vers la mer 

Seule

Se lever ou mieux ne pas dormir

Laisser derrière les tas de mots de souvenirs les vêtements 

Avancer dans l’eau jusqu’à mi-cuisse 

Si l’on ose

Au besoin fermer les yeux mais ne pas fuir surtout se retourner se résigner abandonner

Tenir 

Quitte à se raconter des histoires pour ne pas sentir oublier le froid le seul le gris des yeux le sel et le drôle de frottement au coin du cœur trop loin pour que le doigt atteigne effleure apaise trop loin pour la poésie-même peut-être 

Le premier jour

Parce que – répéter bien sûr

C’est encore c’est toujours affaire de temps revenir recommencer replonger chaque matin s’enfoncer un peu plus se laisser engloutir lentement disparaître sans un mot sans un livre

Bientôt c’est à se demander si l’on a jamais existé si nous avons été réelles ou si c’était encore un de ces drôles de rêve qui me viennent sous l’eau quand j’ai les yeux qui piquent les poumons vides quand je m’assois là un moment tout au fond – 

C’est d’où je vous écris.

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