En attendant la route (qui ne viendra pas)

En attendant la route (qui ne viendra pas)*

– une nuit

On raconte des histoires

Aux ombres étendues là qui n’attendent plus rien

On fredonne et on songe 

Aux doigts-coquillages 

Qui frissonnent se figent quand on approche une flamme qu’il faut déplier lentement un à un des pétales dans le noir 

Et aux cailloux qui craquent jusqu’à devenir sable 

Laissent passer les vagues

La nuit est tombée si bas maintenant qu’on sent parfois brûler la pointe d’une étoile sous la plante des pieds 

Tu t’éloignes sans larmes 

Nous avons oublié 

On ne s’endormira pas avant la frontière 

Alors – je cesse de compter 

Elle lâche la corde raide qui lacère sa paume elle inspire très fort et –

elle saute tombe tangue dans un drôle de vide qui sans couleur la porte la perce la trempe 

Les amants prennent le train quand il n’y a plus personne s’y quittent ou s’y promènent

Le cou contre les dents 

La route commence à peine 

La nuit part devant 

Et nous disons encore –

Toujours toujours toujours 

Comme un poème 

Une ronde d’enfants 

Toujours toujours toujours

Je –

*Version audio disponible : https://tremble.fr/radio-kos/

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