Retour à R.

Raccrochage au réel*

Où l’on laisse le monde se déposer sur soi 

À nouveau

Comme la fine couche de poussière et de bruits qui rend le ciel triste le soleil sale

Dans les villes

Où l’on cesse de sauter sur le jour

Jusqu’à ce qu’il rende l’âme

Le presser sous les pieds comme pour en extraire la moindre goutte de

poème

À l’arrière-goût amer

Où l’on regarde le jaune pour ce qu’il est – du jaune

Et le monde – un champ de bataille

Chant de Bataille

Et les hommes –

Des enfants des cadavres des miracles et des ombres

Qui passent

L’horizon est une ligne

Après quoi il n’y a peut-être rien

Au-delà de laquelle on tombe

C’est sans doute aussi bien

Les matins ont déjà une odeur de septembre

Le frisson insomniaque de la veille de l’école –

Y retourner, encore

Il pousse son petit vélo dans la pente

S’arrête un moment pour reprendre son souffle

Il a un œil tout blanc je remarque en passant

Quand je dis Bonjour quand je me demande

Le monde qui tourne dans sa tête à lui

De vieux monsieur usé

Comme la roue de sa bicyclette

Il a un œil tout blanc

Qui me regarde

Quand on avait la dent qui bouge

Tu te souviens ?

On parlait d’autre chose on regardait ailleurs on oubliait alors qu’on avait

Mal

Rage de cœur

À présent on s’écrase des glaçons sous les paupières

Pour feindre le sommeil

Peut-être qu’en ajoutant quelques gouttes de peinture violette on empêchera l’eau de monter 

*Version audio disponible : https://tremble.fr/radio-kos/

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